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vendredi 6 juillet 2012
mardi 26 octobre 2010
Il y a quelqu'un ?
Bon. Le dernier message posté sur ce blog date du 24 juin. C'est loin. Et ça ne ressemble pas vraiment à une fin… J'avais promis de conclure, notamment le volet "longue liste de titres", et me voilà bien embêté parce que je ne pensais pas qu'il en restait autant (de titres) : 14, sans compter Re-.
14 est un nombre intéressant, vous le savez, puisque c'est le nombre de vers d'un sonnet. Mais je ne vais pas me remettre à ce blog et pondre 14 nouveaux messages, non. Plus dans le rythme, et surtout plus l'envie.
Des nouvelles de Re- ? Il avance, merci. 27 fatras composés à ce jour. C'est-à-dire qu'il m'en reste à faire 17… Je tiens le bon bout. Et côté faux-textes ? Rien. J'ai décidé de repartir à zéro, une fois les fatras terminés. Mais justement, j'y pense beaucoup en ce moment. Et c'est pour cela que je repointe mon nez sur le blog, pour achever la bête.
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[Ici, hop !, je m'interromps pour prendre la photo complémentaire, la dernière.]
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Pas 14 messages donc mais celui-ci. Qui va récapituler assez vite les titres restants.
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Voici :
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Poèmes hongrois (1) ; sonnets plats (2) ; Chôka, journal (3) ; Poèmes isolés (4) ; Une collecte (5) ; 99 notes préparatoires (6) ; Posaune (7) ; Deux volets pourtant (8) ; Cahier de poèmes de Mary Sandy (9) ; Un drame nô (10) ; Toujours perdue la neuve entrée (11) ; Cité blanche – audio-guide (12) ; suite (13) ; Chansons pour Mauricio Kagel (14).
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• Aucun (0) ne commence par un article défini.
• Un (12) évoque un lieu qui n'est (ne sera bientôt) plus.
• Deux (9, 13) sont achevés mais pas publiés.
• Deux (8 & 13) sont le fruit d'une collaboration.
• Deux (2 & 6) sont en cours d'écriture.
• Deux (7 & 10) sont du théâtre.
• Deux (8 & 11) sont des vers.
• Deux (3 & 12) sont des projets "sérieux", non entamés mais que je compte bien voir aboutir.
• Trois (7, 9 & 14) contiennent des noms propres : le premier est un mot allemand signifiant "trombone" mais qui désigne ici un personnage, le deuxième est un hétéronyme, le troisième un compositeur germano-argentin qui a écrit pour le trombone, justement.
• Trois (4, 5 & 11) sont achevés et publiés.
• Quatre (1, 3, 9 & 10) font explicitement référence à d'autres cultures/langues : Hongrie, Japon, États-Unis, Japon respectivement.— Cinq (1, 7, 8, 10 & 14) ne sont que vagues idées qui ne donneront peut-être jamais rien.
• Sept (1, 2, 3, 4, 6, 10 & 14) font explicitement référence à la forme "utilisée".
• Tous (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13 & 14) existent potentiellement.
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— C'est ça la fin ?
— Eh oui. C'est ça la fin.
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dimanche 13 juin 2010
Où en est Re-

La fin de la résidence est imminente et si vous passez de temps à autre sur ce blog, vous avez pu remarquer qu'il part à la dérive faute de direction, et de pilote. Cela ne signifie pas que j'ai renoncé à Re- ; il avance, il avance (je vais en parler plus bas)… Mais, à vrai dire, le goût de nourrir ce blog m'a passé.* En partie parce que l'éparpillement de mes activités a réduit le temps que je pouvais y consacrer – elle est loin l'époque où je postais cinq messages par semaine –, et en partie aussi parce que la réflexion sur le livre s'épaississant (je n'ose pas dire "se développant" car elle peut être tout aussi bien régressive), il m'est devenu de plus en plus compliqué de faire part de toutes les valses-hésitations, tergiversations, marches arrières, corrections tatillonnes qui l'accompagnent.
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Re- n'est pas à terre, comme pourrait le laisser croire la photo de Daniel, mais l'état de chantier dans lequel il se trouve** et le temps relativement restreint que j'ai ces jours-ci à lui consacrer font que je ne peux plus passer autant de temps à le commenter qu'à l'écrire.
Vous me ferez remarquer, et vous aurez raison, que le projet initial impliquait justement que les textes du blog soient la "nourriture" privilégiée du livre. Alors je dois bien admettre que, de ce point de vue-là, c'est un échec. Je n'ai pas réussi à tenir la cadence.
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L'auto-flagellation cependant n'est pas une solution et Re- existe bel et bien. C'est-à-dire plus précisément que les poèmes*** sont en train de s'écrire et que leur tonalité, leur physionomie sont de plus en plus claires dans mon esprit. Avec, encore une fois, toutes les réserves d'usage, les re- ou dé- cadrages que cela implique. À l'heure qu'il est, 12 fatras sont écrits. C'est peu, certes, mais c'est beaucoup.
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Les faux textes par contre sont au point mort. Et c'est aussi une des raisons qui ont fait le ralentissement du blog. Je ne suis plus satisfait de mes postulats de départ. À la relecture, ça ne marche pas, tout simplement. Je ne compte pas pour autant abandonner le concept "fausses / belles pages" mais je ne sais pas encore comment régler le problème. J'ai quelques idées mais pas réellement formelles (et à ce stade de ma réflexion, ce sont les seules qui vaillent). Je m'en sortirai.
En attendant que va-t-il arriver au blog ? Il va bientôt s'arrêter, c'est certain, en ayant à moitié rempli son office : piste d'élan, journal des premières heures (et c'est déjà pas mal) mais pas la machine à produire que j'espérais (j'en suis seul responsable, encore une fois).
Mais il y a tout de même une chose qu'il me faut achever, sinon quoi l'opinion que j'ai de moi-même (plutôt "moyenne +" en ce moment) va s'effondrer radicalement : terminer le commentaire de ma "longue liste de titres". Si je ne suis pas capable de faire ça, vraiment, je ne veux plus, pour peu que vous me reconnaissiez, que vous me saluiez dans la rue. Donc : ce blog ne baissera définitivement le rideau qu'une fois la rétrospective des titres potentiels complétée. C'est dit. Ce qui ne me prendra sans doute pas très longtemps, mais qui pourrait bien dépasser de quelques jours, voire de deux ou trois petites semaines, la date-butoir du 30 juin, fin de ma résidence.****
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* Même la photo de ce message n'est pas de moi mais de Daniel Levin Becker (de l'Oulipo) qui me l'a envoyée en pensant que ça pourrait me servir. Il avait raison.
** Vous voyez les gravats ?
*** Des fatras, vous vous rappelez ?
**** qui est aussi la date de ma rencontre avec Bénédicte Vilgrain et l'éditeur Alain Bercet (de Héros-limite), je l'annoncerai plus longuement très bientôt.
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vendredi 14 mai 2010
Une histoire des moyens de transport à travers les âges
Vingt. C'est le nombre de titres, y compris celui-ci, qu'il me reste à commenter d'ici la fin de la résidence poète<=>public et, par conséquent, de ce blog (le 30 juin prochain). Vu mon rythme de postage ces dernières semaines, autant dire qu'il va me falloir mettre un bon coup de collier si je veux faire le tour complet de mes "titres" d'ici là…
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Bref, aujourd'hui : Une histoire des moyens de transport à travers les âges. Projet de roman d'amour "court" plusieurs fois recommencé et que je compte bien mener à bien un de ces jours.
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Je précise que je ne souhaite pas "passer au roman". Simplement, la forme-roman* me semble à explorer, au moins une fois, par les poètes, comme moyen "autre" de travailler la langue.
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Maintenant, pourquoi un titre aussi long et "vaste" qu'Une histoire des moyens de transport à travers les âges pour un projet de roman d'amour ? Eh bien, pour créer un décalage justement.
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Seulement deux titres me semblaient envisageables : celui que j'ai finalement retenu et Un roman d'amour court.
Mais j'aime la disproportion du premier, son aspect "à côté de la plaque". J'aime l'idée que le lecteur potentiel se demande "de quoi ça parle exactement ?" et attende jusqu'au bout une illumination qui ne viendra pas.
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La réponse serait dans l'écart, indicible : comme un voile permanent recouvrant le texte et lui donnant des "reflets" différents, une lumière particulière qu'intrinsèquement il ne possédait pas.
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* Ou plutôt le genre ?
mercredi 5 mai 2010
À distance
De petits ennuis informatiques m'ont empêché de poster un nouveau message plus tôt. Et cette pause (pas une nouveauté en soi ces derniers temps…) indépendante de ma volonté (ça c'est neuf) m'a permis de réfléchir à Re- avec un recul supplémentaire.
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Voici. Dans tout projet de livre, dans toute écriture en cours, je (on ?) tâtonne. On avance de 3 pas et on recule de 10. C'est ce qui fait que souvent le nombre de pas s'achevant dans le négatif, le livre ne voit pas le jour*.
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Re- est particulier en deux sens : 1°) le travail de conception du livre est montré et 2°) le livre ne parle de rien d'autre (?) que du processus lui-même. C'est l'idée générale.
Maintenant si je suis honnête dans ce que je montre, je dois donner à voir (entendre, lire) les hésitations, les atermoiements, les bifurcations, les remords, les ratures, les retours en arrière, etc. Et je l'ai déjà fait.
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Je continue : j'ai "mis en place" pour les fausses pages de ce livre un certain nombre de paramètres (pas vraiment "oulipiens" mais formels) et, si les belles pages, c'est-à-dire la composition des fatras, progressent de manière lente mais de plus en plus sûre, je ne suis par contre plus convaincu par ce que j'ai pu écrire concernant les faux textes. Et surtout ne suis plus convaincu par les faux textes produits eux-mêmes !
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J'avais laisser le problème de côté depuis un moment et force m'est de constater aujourd'hui que je dois faire machine arrière. Pas forcément en tout mais sur pas mal de points. Je ne sais pas encore exactement ce que cela donnera mais I'll keep you posted.
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Parce que, ah oui, il est hors de question que Re- ne voit pas le jour.**
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ps : sur un tout autre sujet je renvois ici à la critique du n°1 de Ligne 13 que fait Claro sur son blog Le Clavier cannibale II.***
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** Ce sera pour plus tard que prévu, mais ce sera.
*** Que pour le coup, j'ajoute dans les liens amis.
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samedi 10 avril 2010
Chambardement
Depuis quelques semaines, Re- (ou je) piétine. Cela est peut-être dû, certes, a une dispersion de mes activités difficilement compatible avec le temps de la composition d'un livre mais aussi à autre chose, je viens de le réaliser aujourd'hui.
Même si les poèmes n'avancent pas, je les relis souvent. Dans ma tête, ou à haute voix, encore et encore. C'est toujours ainsi que je procède, comme un test de fiabilité*.
Et, donc, en relisant mes fatras, j'ai pris conscience aujourd'hui de ce qui depuis un moment clochait dans ma tête** sans que j'ai pu l'identifier : les longueurs de vers de certains poèmes. Plus exactement, ceci : les vers courts fonctionnent très bien (jusqu'à 9) mais à partir de 10, ça commence à dérailler et pour 11 et 12, rien ne va plus…
Il s'agit peut-être d'une vision purement subjective mais j'en ai maintenant la certitude, les déca-, les endéca- et les dodécasyllabes, dans la langue que j'emploie pour ce livre, ne marchent pas. Les poèmes deviennent lourds, sentencieux… Ça pèse des tonnes et j'ai l'impression de me la raconter. Et ce n'est surtout pas le ton que je veux donner à Re-.
Ce qui m'intéresse et fonctionne à mes yeux avec les vers courts (de 6 à 9 syllabes donc) c'est une légèreté, une certaine inconséquence même, que les vers "longs" oblitèrent.
Cela a peut-être à voir avec un équilibre (une harmonie ?) : le rapport entre le nombre des vers et leur longueur.***
La forme-fatras (telle que je l'ai fixée : 13 vers (2+6+5)) n'est pas la forme-sonnet. Si l'alexandrin et le sonnet sont faits l'un pour l'autre****, comme le vin rouge et le camembert en quelque sorte, le fatras lui me semble taillé pour accueillir des vers poids plume.
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Bref, la "belle" construction que j'avais élaborée ici s'écroule sur le champ. Me reste plus qu'à remonter autre chose… Nous voilà beaux.
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* Quand j'étais le mois dernier à Clermont-Ferrand pour la Semaine de la Poésie, je suis passé souvent devant les usines Michelin et notamment devant d'étranges constructions qu'on m'a dit être les anciennes rampes d'essai où l'on testait la résistance des pneus… Ma rampe d'essai à moi, c'est la voix.
** Je sais, l'expression est ambiguë. Mais imaginez une petite sonnette d'alarme en train de carillonner.
*** Quelque chose comme le nombre d'or doit venir jouer un rôle là-dedans mais je n'ai pas le temps d'approfondir pour le moment.
**** Mais le sonnet a utilisé dans l'Histoire une grande variété de mètres, ne l'oublions pas.
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dimanche 4 avril 2010
Rrrrrrrrreeeeeeeee
J'ai bien remarqué, ces derniers jours, l'insistance avec laquelle mon fils tente de me ramener, mine de rien, à l'essentiel : l'écriture de Re-. "Re-… Re-… Re-…" me répétait-il encore pas plus tard qu'hier, alors qu'il avait abandonné le vocable depuis déjà pas mal de temps au profit de "da", "ga" et autres "awa". C'est un signe.
Je n'avais pas conscience que l'expérience lui tenait particulièrement à cœur mais force est de constater qu'il a noté le ralentissement du projet* et m'encourage à, que dis-je, me presse de me ressaisir afin de le mener à bien.
Oh, bien sûr, si je lui posais directement la question, il répondrait par quelques signes apparents (gominage des cheveux à la pâte de courge, concours de postillonage ou tentative de record du monde du jet de doudou) que marcher est une opération qui le requiert à plein temps et que s'il doit un jour s'intéresser à la poésie, il faut d'abord qu'il apprenne à compter ses pas.
Mais je ne suis pas dupe. Il me pousse. "Re-… Re-… Re-…"
Alors que voulez-vous que je fasse ? Le retard s'accentue, mais je continue.
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* Pourtant il ne lit pas le blog, lui.
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jeudi 25 mars 2010
Entre-deux-pages
Savez-vous ce qu'est un entre-deux-pages ? C'est une fuite en avant.
Voilà la première réponse qui me vient. Parce que j'ai déjà assez de mal à concilier les pages paires et impaires de Re- et voilà t'y pas que j'ai eu l'autre jour l'idée de quelque chose qui serait un "entre-deux-pages". Je vous rassure, moi non plus je ne sais pas ce que c'est. Mais c'est là toute la beauté du jeu : qu'est-ce que ça pourrait être ?
"L'Oulipo est une crèche où l'on s'amuse à faire entrer des cylindres dans des trous carrés et des cubes dans des trous ronds" a dit un jour, à peu de choses près, François Caradec. Et c'est vrai que mon histoire d'entre-deux-pages ressemble un peu à ça…
Ce serait quoi ? Une sorte de signet qui migrerait de page en page ? Mais pour raconter quoi ? Je ne vais tout de même pas demander à mes éditeurs de "l'imprimer" avec de l'encre électronique pour que le texte change au fur et à mesure que l'on progresse dans le livre !
L'entre-deux-pages, c'est donc un joli concept mais qui pourrait s'avérer un simple gadget pour peu qu'on essaye de le mettre en pratique. À moins que quelqu'un ait une idée à laquelle je ne pense pas.
Parce que j'avoue que ça me plairait bien de voir Re- posséder quelque chose qui "transcende" le caractère binaire inhérent à l'objet-livre…
Ou alors, tiens, ce pourrait être un texte qui courrait sur toutes les pages mais imprimé à l'italienne dans les marges intérieures, à raison d'une ligne (un vers ?) par marge !
Mais est-ce que ça ne serait pas un peu trop charger la mule ?
À ruminer.
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dimanche 28 février 2010
À recycler
Les fausses pages de Re- recyclent en faux textes les pages de ce blog. Semaine après semaine. En les compactant (j'ai précédemment parlé d'"avion" pour expliciter la méthode employée mais certains de mes camarades de l'Oulipo m'ont fait la remarque que le terme est peut-être quelque peu abusif pour ce qui est, plus basiquement, du prélèvement).
Quand je dis "semaine après semaine", cela signifie que pour fabriquer le faux texte d'une semaine donnée, j'utilise les messages publiés ici-même entre un lundi et un dimanche.
Le découpage est arbitraire, certes, mais le procédé est limpide. En théorie.
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Prenons cette semaine-ci, par exemple : semaine 26*. Lundi : rien ; mardi : Hors-cage ; mercredi, jeudi, vendredi, samedi : rien. C'est peu** (quantitativement). Trop peu lorsque je devrai, en temps voulu, fabriquer un faux texte de 2048 signes.
Mais heureusement, nous sommes encore dimanche et j'ai juste assez de temps pour pousser ces quelques lignes. Qui ont donc une double fonction : continuer à montrer, en toute transparence***, le cogito du livre Re- en train de s'écrire et, surtout, fournir au poète un matériau à manipuler pour le faux texte de la semaine 26.
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* Pour mémoire, la "semaine 1" était la première de septembre.
** Je pourrai expliquer pourquoi je n'ai pas eu le temps mais finalement non.
*** Le mot est peut-être un peu excessif, j'avoue.
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lundi 25 janvier 2010
Impossible
On aimerait que ce soit aussi simple que d'appuyer sur un bouton. Un clic et ça roulerait : un poème tout rôti dans l'assiette. Mais c'est (heureusement) plus compliqué que ça.
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J'ai passé plus d'une semaine sur un fatras* à me demander ce que j'essayais de faire exactement, à quoi tout ça rimait.
C'est un peu déprimant ("bouh ! je suis poëte dans un monde où plus personne ne lit la Poësie"), stressant ("plus jamais je n'arriverai à écrire"), déboussolant ("mais pourtant en suivant la recette, là ça devrait…"). Mais comme c'est un sentiment qui revient régulièrement, à chaque livre (voire plusieurs fois pendant l'écriture d'un livre), un peu comme une vague qui enfle avant de se fracasser sur la grève**, il faut juste tenir et attendre que ça passe. Et ça passe toujours (en règle générale)…
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La particularité de Re-, c'est qu'il se nourrit de lui-même, on l'a déjà dit. Et la particularité des fatras situés sur les pages impaires de Re-, c'est qu'ils sont impossibles. C'est-à-dire qu'ils reposent sur le "non-sens". Et dans mon esprit, tout en reposant sur le non-sens, ils doivent me donner une vue (comme d'une fenêtre, vous voyez ?) de ce qu'est le livre que je suis en train d'écrire. Toujours la même fenêtre mais comme le temps change (le weather et le time) la vue change avec. Je sais que je n'explicite pas ici en quoi le caractère impossible des poèmes permet d'accéder à cette vue, mais je n'ai pas dit que la vue était dégagée.
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Dans les tout premiers temps***, je me disais, je m'étais dis, que le fatras correspondant à la semaine x parlait de la semaine x. Et puis je me suis (vite) rendu compte que c'était impossible.**** Le faux texte de la semaine x parle de la semaine x mais le fatras de la semaine x, qui lui fait face donc, si vous me suivez bien, ne parle pas de la semaine x. Il parle de Re- à un temps donné (qui est celui où s'écrit le poème). Et je me suis rappelé la note préparatoire 89 de mes 99 notes préparatoires à Re- : "89. Proposition : "une page impaire est le résultat de toutes les pages paires du livre."" J'ai écrit dans ce texte un certain nombre de "propositions" fausses mais je crois que celle-là est bonne. On croit qu'on écrit toujours n'importe quoi et puis…
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Donc, dit autrement, chaque fatras embrasse, embrasserait, le livre à lui tout seul, condense, condenserait, l'ensemble des pages du livre dans ses lignes*****. Maintenant que Re- m'a appris ça, je ne suis pas vraiment beaucoup plus avancé. C'est toujours aussi difficile d'écrire les poèmes. Et je me demande toujours, "localement", à quoi ça rime. La réponse est peut-être que ça rime, tout simplement. Et ça devrait me suffire : AB Ababab babaB.
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J'ai relu tout à l'heure quelques pages de Poésie, etc : ménage de Jacques Roubaud, qui n'ont pas pris une ride : "Que la poésie est difficile" (c'est le titre de la partie). Ça aide, un peu.
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* Mais non, mais non, personne ne m'a foutu à la porte.
** Désolé. Chez le marchand de Comparaisons & Métaphores, il restait plus grand chose aujourd'hui.
*** Je n'ai pas encore écrit beaucoup de poèmes.
**** ha ha !
***** Je sais, c'est plus facile à avancer qu'à démontrer.
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jeudi 7 janvier 2010
Semainier
D'une certaine manière, Re- n'est rien d'autre qu'un semainier, que je m'efforce de remplir double page après double page.
Certes, il y a l'asymétrie des fausses et belles pages… Ce qui, jusqu'à il y a quelques jours, me gênait pas mal : la différence de "langue" entre faux texte et fatras. Mais bon, on se fait à tout et, encore une fois, la logique interne de la chose, si j'ose dire, apparaîtra avec le temps.
C'est sans doute, entre nous soit dit, un des aspects qui rend la poésie contemporaine si "difficile d'accès" : le poète lui-même met souvent un certain temps pour accéder à son propre livre. Alors, on peut imaginer que le lecteur ait du mal, voire rechigne, à chercher ou trouver une clef qui n'existe pas forcément.
J'ai souvenir d'un très beau texte critique d'Éric Houser paru dans les Cahiers Critiques de Poésie* dans lequel il parle parfaitement du "travail" que doit accomplir tout lecteur pour accéder au rythme, à l'humeur du poète et de sa poésie. Je ne sais plus quels étaient ses mots mais c'est l'idée, il me semble. Trouver le bon tempo, entendre le vers, la phrase de l'auteur. Ce n'est pas toujours donné.
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Mais je m'aperçois que je digresse beaucoup aujourd'hui. De quoi voulais-je parlé en commençant ce message ? Ça n'a pas grande importance. L'essentiel est de "faire sa trace" comme disent les montagnards (il neige beaucoup ici).
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Une dernière chose : j'ai parlé, il y a peu, d'une méthode cagienne pour composer mes faux textes. À vrai dire, à l'heure actuelle, je n'ai pas le "renoncement" nécessaire pour réellement la pratiquer : l'aléatoire à la John Cage demanderait que je me détache totalement de la "valeur" (esthétique, rythmique…) supposée des mots et des phrases, ce que je ne veux, ne peux pas faire pour l'instant.
Et pour que cela soit plus clair, ci-dessous le faux texte de la semaine 4 :
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que le livre aura des pages paires impaires en prose et en vers. également une forme fixe. quelle ? Re-, question inventer forme moyenâgeuse exotique d'invention oulipienne… À cette heure, rendre compte des « événements » advenant dans le temps de ma – et dans le même temps concentrer comme dans « concentré de tomate ». petit bonhomme de chemin. à 20h, le Comptoir des mots – quelle coïncidence – livre de poésie. Terrible glaçant génial Telle est, selon G., la formule magique. Je n'ai pas osé cependant, un art du secret – ne sais pas comment le dire autrement – effroyablement délicieux entre nos doigts une réponse sur le point de. dessin-plan de ville. jeune femme intéressée par l'intitulé (les danseurs). Cornelius Cardew. une restitution des notes de Mauss par ses étudiants, naïf un brin : Manuel d'ethnographie = Recueil de poésie – ou peintre, fleuriste, astrophysicien – ; et vice-versa. La flèche indique un déplacement. Se pourrait-il que Re- soit lui aussi ethnographique ? « achevé ». ce que le mot désigne.-1 – La question est : pourquoi 7 ? 2 – sa durée-3 – contient part de fraîcheur, de naïveté.-4 – tel est le sous-titre. Et on comprend mieux 5 – aucun rapport objectif avec. procédé de décalage (cf, plus tard, qui n'est d'ailleurs pas à reconstruire). 6 – la main d'un écolier, dont j'envisageai un temps de reproduire la structure pour créer une forme fixe. en prose. Plus précisément, « blocs » de prose. C'est toujours à cette heure, mais je me dois de préciser. me poser la question du contenu. que le professionnel. de la gauche vers la droite – celle sur laquelle l'œil. Feignons. Que peut-être une fausse page ? le contenu d'une fausse page ? Un faux texte ? serait un faux texte ? du point de vue du livre, les fausses pages sont celles qui s'écrivent sur autre chose, immatérielles… Point de vue réactionnaire, mais le livre se sent menacé, il faut le comprendre. ce que je suis en train d'écrire tout ce que j'ai écrit, je l'écris sur de fausses pages. À partir de quoi, Re-. sur de fausses-fausses pages (à suivre)
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* Dans quel numéro et au sujet de quel livre ? Je ne sais plus.
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mardi 5 janvier 2010
AB Ababab babaB (la question de la forme fixe, 8)
Venant de terminer un quatrième fatras*, je commence à voir un peu mieux comment fonctionne la forme.
Comme le rappelle le titre de ce message, le poème marche sur deux rimes, a et b, et les deux premiers vers sont répétés entièrement en troisième et dernière positions respec-tivement.** Les vers sont isométriques.
Toutefois, prenant pour modèle le fatras d'Opéras-minute cité ici, j'ai ajouté une répétition avec variation minimale – un mot qui change, une inversion, parfois juste un accent – aux vers 8 et 9, dernier vers du sizain et premier du quintil***, une sorte de "reprise".
De plus pour accentuer le jeu de répétition courant dans le poème les débuts des vers 11 et 12 sont eux aussi liés par une sorte de reprise, phonétique, ryhthmique voire thématique.
Enfin, comme le terme re-, en minuscule et en gras, apparaissait dans deux des quatre poèmes composés, j'ai décidé de généraliser son usage à tous les autres.
Le début du premier vers, en petites majuscules, fait office de titre.
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Mais pour que cela soit plus parlant, voici le fatras de la semaine 3 :
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LA COURSE LISTE LONGUE l'autobusvers cimetière inachevé de titres-La course liste longue l'autobusavec re- pages de buée les vitreset l'index maigre qui trace versusla paume sur-place effaçant les litresde signes d'eau en pointillés, pas plusque fausses perles dans de fausses huîtres-De fausses perles dans de fausses huîtrespêchées près les non-rives de l'industrieuse langue à plat sur le pupitrelangue trieuse sur le papyrusvers, cimetière inachevé de titres-
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*Je sais, j'ai un rythme d'escargot.
*** La ligne de blanc qui les sépare n'existe apparemment pas dans les exemples moyenâgeux. Encore une fois j'ai réutilisé le modèle opéra-minute.
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dimanche 3 janvier 2010
Quoi la lumière ?
La question du sens est sans doute celle qui est le plus souvent posée au poète par le lecteur (potentiel) de poésie. Et le plus souvent le poète y répond en mettant le sens entre parenthèses, un paramètre parmi tant d'autres – son, rythme, images, typographie…
C'est en tout cas ainsi que je le conçois, ce qui n'empêche pas le questionnement interne : pourquoi ça ? Ce que je fais a-t-il un sens ? N'est-ce pas trop abstrait ? Est-ce "juste" ? etc.
La plupart du temps, durant la période d'écriture d'un livre, j'oscille entre deux états : a) c'est nul à ch..., je suis une m.... ou b) waow, génial* ! Comment j'ai réussi à faire ça ?!**
Avec Re-, c'est un peu particulier. J'en ai tellement parlé, ici, dans ce blog, que maintenant que je suis entré dans la phase de réalisation, forcément, le livre "actuel" me semble bien différent du livre "idéal".
"C'est en écrivant qu'on devient écriveron" dit Queneau. Et c'est en écrivant le livre qu'on finit par voir à quoi il ressemble. Plus on avance et plus l'image est claire. Plus on avance et plus le livre répond à nos questions, même celles qu'on ne s'était pas posées. Au final, c'est le livre qui nous dit pourquoi on l'a écrit***.
Inutile de vous le dire, je n'en suis pas encore là…
-Frédéric Forte
* Toute proportion gardée, n'est-ce pas…
** Très souvent suivi d'un : "je n'arriverai jamais à refaire aussi bien…"
*** Quelquefois, longtemps après.
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mardi 29 décembre 2009
Fil à retordre
Tout cela est encore assez confus dans ma tête mais je pense avoir un début de réponse au problème de la fausse page. Oh, rien de miraculeux, et un lecteur attentif de ce blog pourra trouver que c'est beaucoup d'agitation pour pas grand chose. Mais voici (cela tient en plusieurs points) :
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1 – Les faux textes n'utilisent que du texte déjà écrit, pris dans ce blog même, dans la semaine correspondant à la double page. (Rien d'extraordinaire, je vous ai dit, j'aurais pu poser ça une bonne fois pour toutes dès le début de ma réflexion.)
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2 – Jusqu'à la semaine 16, un faux texte sera constitué de 2050 signes (espaces comprises) , après quoi il passera à 2048. (Je l'avais déjà dit.)
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3 – Les modalités de composition d'un faux texte sont "évolutives". Dans celui que je viens de réaliser par exemple (voir ci-dessous), des phrases ont été librement, sur un critère thématique, prélevées dans les 99 notes préparatoires à Re- – a) la semaine 2 est pauvre en messages et b) il est intéressant que le premier faux texte de Re- donne quelques clefs au lecteur – mais avec la multiplication des messages dans les semaines suivantes, je vais être amené à concevoir différents procédés pour créer mes faux textes. Sur les conseils d'une personne qui m'est proche (et chère), je pense notamment avoir recours à une approche de type "cagien", i.e. à la manière de John Cage. Et nous verrons bien ce que cela va donner…
-Frédéric Forte
Il semblerait que areuh soit français. – Re-, c’est ainsi que je l’imagine, aura des pages paires et des pages impaires. – Un beau jour un bébé dit areuh et puis quelques temps après il ne le dit plus. – Les pages sont des avions de personnages. – Les pages paires de Re- seront en prose. – En imprimerie une page paire se dit « fausse page ». – En imprimerie une page impaire se dit « belle page ». – Une boîte vide à remplir de boîtes vides. – Tout livre mène une enquête sur les raisons de sa propre existence. – Re- n’est pas ambidextre. – Les pages paires et impaires de Re- seront en nombre égal. – Quelque chose est vide, n’est-ce pas excitant d’imaginer ce qui va le remplir ? – Les pages impaires de Re- seront en vers. – C’est un peu comme si Re- se trouvait dans une boîte percée de trous dans laquelle beaucoup d’air circule. – Sur les pages impaires de Re-, il y aura du texte. – Sur les pages paires de Re-, il y aura du texte. – Vous prenez la décision d’appeler un livre Re- et votre enfant se met à dire « areuh » : votre prochain livre s’appellera-t-il Maman ou bien la prochaine chose que votre fils dira sera-t-elle « Une histoire des moyens de transport à travers les âges » ? – Deux lignes de temps, qui vont dans le même sens mais pas à la même vitesse. – Importance de l’effet rétro. – Areuh est le premier mot, en français, de la liste des mots. – Bien sûr, on a le droit à l’erreur. – Les pages paires de Re- seront pleines (de signes). – Re- est sensé s’écrire en quarante-quatre semaines ; pour chaque semaine une page paire, une impaire (attention, j’ai écrit « pour chaque semaine » et pas « chaque semaine »). – Les pages paires et les pages impaires de Re- ne seront pas synchrones (mais tout de même de plus en plus en approchant de la fin). – Entre les deux marges intérieures, il y a comme un abîme. – Happy-end : tous les deux se retrouvent à la fin. – Proposition : une page impaire est le résultat de toutes les pages paires du livre. – Si page impaire = page paire, ce ne sera pas dû à la quantité de texte.
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dimanche 27 décembre 2009
Re_ / Hors-sujet
Voici ce que ma dame a trouvé dans Newsweek entre un article sur la présidence post-impériale d'Obama et un autre sur Warhol et ses boîtes de soupe Campbell's :
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Une pub pour quelque chose qui a à voir avec le développement durable…
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Vive le tiret bas !
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Quant à mon Re- à moi, j'y travaille, j'y travaille, ne vous en faites pas…
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mardi 22 décembre 2009
About Re-
J'y avais songé mais ne l'avais pas fortement anticipée, cette sorte de grand écart auquel oblige la tenue du blog d'un côté et la composition du livre de l'autre.
C'est que le temps du livre n'est pas le temps du blog (et vice versa).
Le mouvement de Re- est bien rétrospectif.
Poser cela au début du projet, de manière arbitraire, artificielle même, c'était un peu faire le malin, je dois l'avouer. Mais, de fait, me retrouvant désormais en position d'écriture, je me rends compte que c'est vrai : le mouvement de Re- est rétrospectif.
Je viens ainsi de terminer le deuxième fatras, qui renvoie à la semaine 2 donc, celle des 99 notes préparatoires à Re-, et il me faut maintenant écrire le premier faux texte du livre*. Je me sens un peu "sec" avant de me lancer. Et j'ai beau avoir quelques idées formelles, comme je sais que ce premier essai déterminera pour beaucoup l'aspect général de mes fausses pages, j'ai le trac.
Une fois le travail accompli, je présenterai ici le résultat (entièrement ou partiellement ? je ne sais pas encore). Mais pour l'instant, vous avez juste droit à mes errements.
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* Puisque la semaine 1 n'en comportera pas, je le rappelle.
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samedi 19 décembre 2009
Du blanc
Je me dois ici de préciser que si chaque double page de Re- se réfère à une semaine particulière de ma résidence, alors ce poème correspond à la première.
Or, des messages écrits sur ce blog durant les premiers jours, il n'en existe pas : je n'ai commencé à poster mes textes qu'à partir du 8 septembre, semaine 2 donc.
Aussi, en fausse page, face au premier fatras, il n'y aura rien. Ou plutôt, il y aura du blanc.
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Ce blanc-là, observez-le attentivement, ce sera le seul.
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Frédéric Forte
* Cette version du poème n'est pas forcément définitive.
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vendredi 18 décembre 2009
« Semaine 1…
SEMAINE 1 de quoil'ensemble re- mais vide-SEMAINE 1 de quoiet qui serait aridemicrograde, sans poidsbouteille d'air liquide(un matelas en soiblanc sous blanc, qui oxyde)-blanc sur blanc qui oxydeen attente de loiun peu fenêtroïdeun peu rien devant moil'ensemble re- mais vide
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lundi 7 décembre 2009
Commande
Petit retour en arrière. Vous vous souvenez peut-être que j'avais oublié / réparé quatre titres de livre que j'avais donc intégrés ultérieurement à ma longue liste de titres. C'est bien beau de le dire mais encore faut-il le mettre en application. Et je viens de m'apercevoir que le titre Commande aurait déjà dû être traité depuis plusieurs jours – entre Homme-hélicoptère et Megérkeztünk, un mot hongrois.
L'oubli aurait été d'autant plus que regretable que Commande est en quelque sorte un ancêtre de Re-.
Je ne m'étendrai pas sur le titre en lui-même, qui joue de ses ambiguïtés sémantique et grammaticale, mais sur la teneur du projet, oui.
J'avais dans la tête d'écrire un livre de poésie dont je n'écrirais pas le moindre poème. Mon travail aurait consisté* à écrire un cahier des charges le plus complet possible, un mode d'emploi décrivant en détail la manière de composer certain poème à partir d'une forme fixe de mon invention. Toute la difficulté telle que je la concevais était de créer une forme réellement identifiable, précisément définie, tout en permettant à un poète, pas forcément formaliste d'ailleurs, de se l'approprier intimement, de la travailler "de l'intérieur".** J'aurais proposé le cahier des charges à des poètes de tous horizons, pratiquant aussi bien les vers métré ou libre que la prose.
J'aurais eu ensuite la dernière main sur la construction du livre : le choix des poèmes, leur ordonnancement… Une vraie "anthologie spontanée" dont le cahier des charges aurait en quelque sorte constitué la préface.
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Et il est vrai qu'idéalement j'envisage(ais) Re- comme une projet collaboratif poète <=> public, les commentaires à mes messages, les discussions de Comptoir, venant éventuellement orienter, infléchir, guider mes efforts ; l'écriture des textes proprement dite, si de ma main, reposant toutefois sur ces échanges.
Mais, de fait, les commentaires sont rares – même si quelques-uns ont déjà participé grandement à ma réflexion***. Je ne considère toutefois pas cela comme un "échec" car j'ai pu constater, grâce à quelques rencontres en chair et en os et aux outils statistiques mis à la disposition des bloggers, que ce journal de bord à un lectorat, modeste certes, mais fidèle et régulier.
Cette certitude**** d'être lu au jour le jour influe forcément sur mon travail ; une sorte de monologue dialogué où les interlocuteurs, pour être le plus souvent muets n'en demeurent pas moins pour moi des acteurs vivants, moteurs dans le temps de l'écriture, ce qui n'est pas si fréquent.
-Frédéric Forte
* On remarquera que j'emploie le futur antérieur… On ne peut pas tout faire.
** Ce que fait tout poète avec une forme classique.
*** Récemment, un sur Elena Addomine concernant les 72 variations sur une recette de tiramisu, auquel je compte donner suite.
****Nuançons : cette impression. Après tout, on peut très bien aller sur une page sans la lire vraiment.
mercredi 25 novembre 2009
Homme-hélicoptère
Je l'ai écrit dans un cahier bleu, donc je me dois d'en faire mention ici. Même si je n'ai aucune idée de ce que j'avais en tête avec un titre pareil. Homme-hélicoptère… Et pourquoi pas Fourmi-bulldozer ou Poisson-chasse-neige ? Rien dans les cahiers ne donne le moindre début de piste.
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Ce qui m'amène à formuler l'hypothèse suivante : un certain nombre de titres n'ont été notés que pour se retrouver, quelques dix années plus tard, sur ce blog et servir de matériau potentiel pour le livre Re-.
Re- ne serait donc pas une rétrospective de mon (court) passé poétique mais la réalisation d'un projet inconscient, impensé mais là néanmoins, présent dès le début.*
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* C'est un peu tiré par les cheveux, je vous le concède. Mais si ça me fait plaisir…
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